Premier volet de notre série en six parties dédiée aux principaux enseignements de conformité à retenir du rapport annuel 2025 de la FIU.
Trois millions de transactions inhabituelles ont été recensées, dont plus de 92 000 déclarées comme suspectes en 2025. Mais le rapport annuel 2025 de la FIU ne se résume pas à une série de chiffres : il met surtout en lumière la manière dont la criminalité financière s’organise et évolue.
Et cette criminalité repose de moins en moins sur une seule personne, une seule entreprise ou une seule transaction. Les criminels s’appuient désormais sur des réseaux d’entreprises, des intermédiaires et des flux financiers. Ce constat est essentiel en matière de conformité : lorsque le risque se diffuse entre plusieurs acteurs, le contrôle du seul client direct ne suffit plus. Dans cet article de blog, nous examinons les conséquences concrètes de cette évolution pour le KYB, l’identification des entreprises et les dispositifs de surveillance.

Qu’est-ce que la FIU-Nederland ?
La FIU-Nederland analyse les déclarations de transactions inhabituelles transmises notamment par les banques, les notaires, les experts-comptables et d’autres professionnels soumis aux obligations de lutte contre le blanchiment de capitaux. Lorsqu’une transaction est considérée comme suspecte à l’issue de cette analyse, elle est transmise aux services d’enquête et de sécurité compétents.
Le rapport annuel offre ainsi un éclairage précieux sur les mécanismes à l’œuvre derrière le blanchiment d’argent, la fraude et le contournement des sanctions. Ces schémas sont particulièrement instructifs, car ils montrent que la criminalité financière ne se révèle souvent qu’en dépassant l’analyse d’une transaction isolée ou d’une seule entreprise.
La criminalité financière fonctionne comme un écosystème
La FIU décrit des réseaux criminels de plus en plus structurés et professionnalisés, dans lesquels chaque acteur remplit un rôle bien précis. Certains fournissent des prête-noms, d’autres créent des sociétés, facilitent les paiements ou mettent en place des montages destinés à dissimuler les véritables propriétaires.
Cela complique les contrôles. Une entreprise peut sembler parfaitement légitime sur le papier, alors que la structure qui l’entoure révèle une tout autre réalité. Il peut s’agir d’intermédiaires, d’entreprises liées, de chaînes de propriété complexes ou encore d’UBO difficiles à identifier. Les sociétés-écrans et les montages internationaux jouent également un rôle important dans le contournement des sanctions.
En matière de conformité, il ne suffit donc pas de vérifier le seul nom d’une entreprise. Il faut identifier précisément l’entité juridique avec laquelle vous faites affaire, comprendre qui en sont les bénéficiaires effectifs et déterminer quelles autres parties lui sont liées.
Lisez aussi : Pourquoi une vérification rapide ne suffit jamais dans le domaine de la compliance
Sans une identification fiable de l’entreprise, pas d’évaluation fiable des risques
Puisque les risques peuvent se répartir entre plusieurs organisations et personnes, il est essentiel de s’assurer que l’on analyse la bonne entreprise. Les noms commerciaux peuvent différer des dénominations juridiques, et les groupes internationaux sont souvent composés de plusieurs entités. Si des informations sont rattachées à la mauvaise organisation, l’évaluation des risques peut elle aussi être faussée.
Une identification fiable des entreprises constitue donc un pilier essentiel du KYB. Dun & Bradstreet s’appuie sur le numéro D-U-N-S® pour identifier de manière unique les organisations dans le monde entier et rattacher les informations relatives à la propriété, aux UBO, aux structures de groupe et aux risques de conformité à la bonne entité. Il devient ainsi possible de vérifier non seulement si une entreprise figure sur une liste de risques, mais aussi qui se trouve derrière elle et quelles relations peuvent influencer son profil de risque global.
La surveillance ne s’arrête pas à l’onboarding
Le profil de risque d’une organisation évolue dans le temps. Les dirigeants peuvent changer, les structures de propriété se transformer et de nouvelles relations commerciales apparaître. Une situation qui ne nécessitait pas d’analyse approfondie au moment de l’onboarding peut donc devenir pertinente par la suite.
C’est précisément pourquoi une surveillance continue est essentielle. L’objectif n’est pas de considérer chaque changement comme un risque, mais de détecter à temps les évolutions pertinentes et de réévaluer la situation lorsque cela s’impose. À mesure que la criminalité financière s’appuie davantage sur des réseaux et des structures complexes, un contrôle ponctuel ne suffit plus à garantir une vision fiable du risque.
Lisez aussi : KYC perpétuel : pourquoi l’analyse des clients ne s’arrête pas après l’onboarding
Quelles sont les implications en matière de conformité ?
Le rapport annuel 2025 de la FIU montre avant tout que la criminalité financière repose sur des réseaux interconnectés. Les dispositifs de conformité doivent donc aller au-delà du seul client direct et permettre d’obtenir une vision plus complète de l’entité juridique, de sa structure de propriété, de ses relations commerciales et des évolutions pertinentes au cours de la relation client. L’enjeu n’est pas nécessairement de multiplier les contrôles, mais de mieux les contextualiser. En se concentrant uniquement sur une seule partie, on risque en effet de ne percevoir qu’une fraction du risque réel.
Savez-vous réellement ce qui se passe au sein de l’écosystème de vos clients ? Découvrez comment des données d’entreprise fiables peuvent vous aider à identifier plus tôt les relations à risque et les signaux moins visibles. Planifiez un rendez-vous avec nos experts en conformité.